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Chronologie de la guerre de 1812 - De janvier 1815 à 1871

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De janvier 1815 à 1871

1815

Arrivée de renforts britanniques à Québec : le 102e régiment.

Janvier 1815

Le porte-étendard George Morehouse des New Brunswick Fencibles dirige un détachement provenant de Meductic et s'empare de Houlton, dans le district du Maine, dans le but de protéger l'importante ligne de communication entre Saint John au Nouveau-Brunswick et la ville de Québec dans le Bas-Canada.

1 janvier 1815

Les Britanniques bombardent les dispositifs de défense de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane.

8 janvier 1815

Bataille de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane.

La campagne britannique en Louisiane vise à prendre le contrôle de l'embouchure du fleuve Mississippi et de perturber les activités économiques des États-Unis en s'emparant du port stratégique de la Nouvelle-Orléans. Toutefois, la lente et pénible avancée britannique dans les bayous du delta laisse le temps au major-général Andrew Jackson de préparer la défense de la ville. La principale attaque, lancée le 8 janvier en terrain découvert devant les fortifications de la ville, est un véritable désastre. Les pertes des Britanniques s'élèvent à 2 000, soit le tiers de leur nombre. Le major-général sir Edward Pakenham, qui dirigeait la force, perd également la vie. Les Américains comptent seulement 71 victimes dans leurs rangs. Cette défaite humiliante pousse les Britanniques à lever leur siège et à redescendre le fleuve à la recherche de cibles plus vulnérables le long de la côte du golfe du Mexique.

Du 9 au
12 janvier 1815

Les navires de la Royal Navy bombardent le fort St. Philip, en Louisiane.

13 janvier 1815

Une force britannique amphibie attaque et prend le fort Peter ainsi que la ville de St. Marys, en Géorgie. Elle occupe le secteur pendant environ un mois.

15 janvier 1815

L'USS President est capturé au large de la ville de New York par un escadron britannique dirigé par le HMS Majestic.

11 février 1815

Le jour même où des forces britanniques assiègent et prennent le fort Bowyer dans le territoire du Mississippi, Henry Carroll, le secrétaire du secrétaire d'État des États-Unis Henry Clay, arrive à New York depuis Plymouth, en Angleterre, avec une copie signée du traité de Gand.

13 février 1815

Les Britanniques annulent leur attaque prévue sur Mobile, dans le territoire du Mississippi, lorsqu'ils apprennent la signature du traité de paix.

17 février 1815

Le Congrès des États-Unis ratifie le traité de Gand. La guerre de 1812 se termine officiellement par l'échange de copies ratifiées du traité à Washington, dans le district de Columbia.

20 février 1815

L'USS Constitution remporte une victoire contre le HMS Levant et le HMS Cyane près de Madère, en Espagne.

1 mars 1815

Le gouverneur général sir George Prévost apprend la signature du traité de paix à Gand et donne les ordres nécessaires pour mettre fin aux hostilités et pour libérer les milices.

2 mars 1815

Le gouverneur général sir George Prévost est rappelé en Angleterre, où il est traduit devant un tribunal militaire pour sa gestion de la bataille de Plattsburgh. Il est remplacé par le lieutenant-général Gordon Drummond dans ses fonctions de gouverneur général.

11 mars 1815   

Près des Îles du Cap-Vert, un escadron britannique mené par le HMS Leander reprend le Levant tandis que l'USS Constitution et le Cyane s'échappent.

19 mars 1815 

Le commodore britannique sir Edward Campbell Rich Owen arrive à Kingston, dans le Haut-Canada, pour prendre le commandement du poste des Grands Lacs en remplacement du commodore sir James Lucas Yeo.

6 avril 1815

Des marins américains prisonniers, surtout des corsaires ou des marins réquisitionnés qui ont refusé de se battre contre les États-Unis, déclenchent une émeute à la prison de Dartmoor dans le Sud-ouest de la Grande-Bretagne. Les prisonniers de guerre en révolte sont frustrés par les délais retardant leur rapatriement et par les dures conditions de vie de la prison. Les gardes britanniques tirent sur eux. Sept américains sont tués et 31 sont blessés.

10 avril 1815

Le commodore Isaac Chauncey et le général Jacob Brown des États-Unis visitent Kingston, dans le Haut-Canada.

Le commodore Isaac Chauncey et le major-général Jacob Brown rendent visite au commodore sir Edward Campbell Rich Owen à Kingston, lieu de la principale base navale britannique sur les Grands Lacs et port d'attache de l'escadron du lac Ontario. Le voyage se termine par une réception mondaine à bord du vaisseau amiral britannique, le HMS St. Lawrence, au terme de laquelle Chauncey est salué par une salve de 13 coups de canon. Cette rencontre marque la fin de la « guerre des constructeurs de navires » sur le lac Ontario et annonce la démilitarisation des Grands Lacs, qui sera officialisée en 1817 dans le cadre de l'Accord Rush-Bagot, encore en vigueur aujourd'hui.

26 avril 1815

Les forces britanniques quittent Castine, dans le district du Maine.

22 mai 1815

Les troupes américaines récupèrent le fort Niagara, près de Youngstown dans l'État de New York, et commencent à améliorer les ouvrages défensifs faisant face au fort George et au fort Mississauga. Le fort Niagara sera occupé par une garnison jusqu'en 1826.

24 mai 1815

La bataille de Sinkhole, dans le territoire du Missouri, oppose des guerriers Sac (Sauk) dirigés par le chef Aigle Noir (Makataimeshekiakiak) et la milice du Missouri.

27 mai 1815

Le HMS Regulus arrive à Saint John, au New Brunswick, avec à son bord 371 colons afro-américains de la baie de Chesapeake qui désirent profiter de leur nouvelle liberté.

30 juin 1815

Dans le détroit de la Sonde près de Java, l'USS Peacock tire sur le Nautilus, un brick britannique de la Compagnie des Indes orientales, après que les Britanniques ont informé le commandant américain de la fin de la guerre. Quatorze personnes sont blessées ou tuées. 

1 juillet 1815 

La garnison américaine remet au lieutenant-colonel britannique R. James et à son contingent du 37e régiment le fort Amherstburg dans le Haut-Canada, pris en septembre 1813.

18 juillet 1815

Les Britanniques quittent le fort Mackinac, dans le territoire du Michigan. À la fin de l'été, ils auront établi un nouveau poste sur l'île Drummond dans le lac Huron.

Du 18 juillet 1815 à mars 1817

Une série de traités de paix est signée entre les États-Unis et des Premières nations, notamment les Nishnabek (Potawatomi), les Kiikaapoi (Kickapoo), les Wyandot et les Seneca, qui habitent le territoire américain de l'Ouest des Grands Lacs et des régions du cours supérieur du Mississippi.

Août 1815             

Les Britanniques commencent la construction des casernes de Butler à Niagara, dans le Haut-Canada.

En 1815, les Britanniques décident de construire à Niagara un complexe de bâtiments à l'intention des forces armées et du département des Indiens pour remplacer les installations détruites pendant la guerre de 1812. Ces bâtiments sont érigés dans le coin nord-ouest de la réserve militaire, loin de la rivière Niagara et hors d'atteinte des canons américains du fort Niagara. Le complexe final comprend la chambre du conseil du département des Indiens, un hôpital, les quartiers du commandant et une série de 19 casernes et entrepôts entourés d'une palissade de bois. Le département des Indiens met fin à ses activités à Niagara en 1822. Les casernes de Butler sont par la suite occupées par des soldats britanniques jusqu'à la guerre de Crimée (de 1854 à 1856). De 1870 jusque dans les années 1960, le Dominion du Canada y exploite une base d'entraînement appelée « Camp Niagara », où certains des anciens bâtiments sont mis à profit. 

 

Le 104e régiment est transféré à Québec.

1816

1816

L'établissement militaire de Perth est fondé dans l'Est du Haut-Canada. Conformément aux directives de l'armée, on offre à des vétérans britanniques de la guerre de 1812 et des guerres napoléoniennes des terres, des provisions et des outils pour qu'ils s'établissent dans la colonie. À la fin de l'année, environ 1 500 anciens soldats et leur famille s'y seront installés.

23 août 1816

Conformément aux modalités du traité de Gand, une première commission de la frontière internationale commence à travailler à la résolution des disputes relatives aux frontières.

L'une des principales questions abordées dans le traité de Gand est la définition de la frontière entre l'Amérique du Nord britannique et les États-Unis. Quatre des onze articles du traité prévoient la création de quatre commissions sur les frontières, et un cinquième article aborde l'affectation des fonds et du personnel nécessaires à leur fonctionnement. Pour chaque région litigieuse, les deux gouvernements doivent nommer un commissaire, et les désaccords sont renvoyés à un arbitre. Les Britanniques chargent des commerçants de fourrures et des explorateurs comme David Thompson de dresser des cartes précises des régions frontalières. Les questions des frontières litigieuses mentionnées dans le traité ne se règleront que dans les années 1840. Néanmoins, les commissions permettent d'instaurer entre les deux pays une tradition de résolution pacifique des litiges au moyen de négociations diplomatiques.

1817

28 avril 1817

L'Accord Rush-Bagot est ratifié. Il limite le nombre de navires armés pouvant naviguer sur les Grands Lacs et le lac Champlain.

L'époque des navires de guerre sur les Grands Lacs et le lac Champlain s'achève lorsque le délégué britannique aux États-Unis, sir Charles Bagot, et le secrétaire d'État intérimaire des États-Unis, Richard Rush, s'entendent sur le désarmement des flottes des deux pays dans les eaux douces frontalières. L'Accord Rush-Bagot limite chaque force navale sur les lacs Ontario et Champlain à un seul navire de guerre de moins de 100 tonnes armé d'un seul canon de 18 livres. Sur le lac Érié et les autres Grands Lacs, les deux gouvernements ont droit chacun à deux navires de ce type. Après la conclusion de l'Accord, les navires américains et britanniques, auparavant les maîtres des lacs, sont désarmés, remisés, vendus, démantelés ou laissés à l'abandon. Les deux pays réduiront également le nombre de leurs bases navales frontalières dans le but de faire des économies.

Mai 1817

Désireux de sécuriser la grande route de communication, le gouvernement du Nouveau-Brunswick décrète que les terres situées entre Presque Isle et Grand-Sault sont une colonie militaire, et il commence à concéder des terres aux membres de régiments dissous.

25 novembre 1817

Les commissaires nommés en vertu du traité de Gand déterminent que les îles Moose, Dudley et Frederick appartiennent aux États-Unis, mais que toutes les autres îles de la baie Passamaquoddy ainsi que l'île Grand Manan dans la baie de Fundy font partie du Nouveau-Brunswick.

1818

30 juin 1818

Les forces britanniques se retirent de l'île Moose dans le district du Maine, ce qui met fin de façon tardive et non officielle à la guerre sur la côte de l'Atlantique.

20 octobre 1818

 La Grande-Bretagne et les États-Unis signent la Convention de 1818.

La Convention de 1818 (la Convention de Commerce) traite de plusieurs questions non résolues dans le cadre du traité de Gand. Elle définit notamment les droits de pêche des Américains dans les eaux côtières de Terre-Neuve et du Labrador et prévoit l'examen par un tiers des éventuels dédommagements accordés aux Américains qui ont perdu des esclaves pendant la guerre de 1812. La Convention établit par ailleurs la frontière occidentale entre les États-Unis et l'Amérique du Nord britannique le long du 49e parallèle depuis le lac des Bois jusqu'aux montagnes Rocheuses, et permet aux deux pays d'occuper conjointement les terres qui s'étendent au-delà des montagnes pendant une période de 10 ans, qui pourra être prolongée. Ce territoire sera finalement partagé par le traité de l'Oregon, conclu en 1846.  Les relations anglo-américaines demeureront tendues pendant des décennies à la suite de la guerre de 1812, mais ce document sera l'un des nombreux accords pacifiques négociés par les deux nations.

5 novembre 1818

 Le duc de Richmond élabore son plan de défense.

Même après la ratification du Traité de Gand, la sécurité de l'Amérique du Nord britannique demeure une préoccupation. Depuis 1815, plusieurs officiers reconnaissent l'importance de renforcer le corridor Montréal-Kingston; ce sujet donne donc lieu à de nombreuses propositions. Le gouverneur général Charles Lennox, duc de Richmond, s'inspire de ces propositions et met de l'avant un plan de défense contenant les recommandations suivantes : agrandissement des fortifications de Québec, le centre de commandement, et de Kingston , la plaque tournante de l'activité maritime sur les Grands Lacs; fortification de la rivière Richelieu pour défendre Montréal, un dépôt de munitions logistique; et création d'une alternative à la voie de communication du Saint-Laurent. Les travaux à la Citadelle de Québec et à l'île aux Noix sur la rivière Richelieu commencent peu après. Beaucoup d'autres idées de Richmond sont par la suite intégrées au rapport Carmichael-Smyth de 1825.

1819

1 mars 1819

Le duc de Wellington approuve le plan de défense du duc de Richmond.

Été 1819

Les Britanniques commencent la construction du fort Lennox à l'Île-aux-Noix, dans le Bas-Canada.

Une réévaluation des moyens de défense de la colonie à la suite de la guerre de 1812 confirme l'importance de protéger la rivière Richelieu contre une invasion américaine. Alarmés par la construction d'un nouveau fort à Rouses Point, dans l'État de New York, les responsables britanniques décident de mettre à niveau les fortifications de l'Île-aux-Noix, celles construites de 1812 à 1814 étant jugées inadéquates. Conformément aux plans de Gustavus Nicolls, commandant des Royal Engineers dans les Canadas, le fort Lennox, baptisé ainsi d'après sir Charles Lennox, 4e duc de Richmond, prend forme au cours de travaux de construction qui s'étendent sur dix ans. Les nouvelles fortifications sont de forme carrée et comprennent quatre bastions, des casernes et des entrepôts. 

Automne 1819

Les Britanniques commencent la construction du fort de l'Île-Sainte-Hélène à Montréal, dans le Bas-Canada.

De 1820 à 1871

Mai 1820 

Les Britanniques construisent la citadelle de Québec, dans le Bas-Canada.

Les hostilités avec les États-Unis ayant pris fin, les Britanniques passent en revue leur stratégie de défense et concluent qu'il est primordial de renforcer la ville de Québec, cœur de l'administration civile et militaire des colonies de l'Amérique du Nord. La Citadelle est l'une des composantes d'une vaste campagne de construction d'ouvrages militaires planifiée par sir Charles Lennox, duc de Richmond, campagne qui prévoit l'édification de fortifications dans le Haut et le Bas-Canada. Certaines sections des ouvrages déjà érigés à Québec sur le cap Diamant sont intégrées aux nouvelles fortifications planifiées par le lieutenant-colonel Elias Walker Durnford, commandant des Royal Engineers dans les Canadas. Achevée en 1831 au coût de 236 500 livres, la citadelle en forme d'étoile est encore aujourd'hui occupée par une garnison militaire en service et demeure la plus importante forteresse construite par les Britanniques en sol nord-américain.

 

L'église St. Stephen est érigée dans le complexe militaire de Chambly , dans le Bas-Canada.

22 mai 1820

Le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, le comte de Dalhousie, pose la première pierre du Collège Dalhousie, dont la construction est financée à partir du fonds de Castine.

17 juillet 1821

 La construction du canal de Lachine commence dans le Bas-Canada.

Les rapides de Lachine en amont de Montréal constituent un obstacle pour tout voyageur désirant remonter le fleuve Saint-Laurent. À partir du port de Montréal, toutes les marchandises doivent être transportées par voie terrestre jusqu'à Lachine et chargées à nouveau sur des navires partant vers l'Ouest. La circulation est donc concentrée dans un même secteur, et la quantité accrue de marchandises destinées à soutenir l'effort de guerre vient aggraver le problème. Après la guerre, diverses personnes et commissions soulignent l'importance d'améliorer les communications fluviales dans cette partie du continent. Par ailleurs, des marchands montréalais, concurrents de leurs homologues américains sur les marchés de l'Ouest, prônent la construction d'un canal qui contournerait les rapides. Achevé en 1825, le canal de Lachine est financé en partie par des marchands, par l'assemblée législative du Bas-Canada et par l'armée britannique, celle-ci ayant négocié en échange le libre accès de ses navires au canal. Cette voie navigable marque le début d'une nouvelle ère de construction de canaux sur le réseau fluvial canadien.

18 juin 1822   

La commission créée en vertu du traité de Gand de 1814 établit la frontière sur le fleuve Saint-Laurent et les lacs Ontario, Érié et Huron jusqu'à Sault Ste Marie.  Les deux parties réussissent à négocier la répartition des îles du fleuve Saint‑Laurent et de la rivière Détroit de façon à préserver les routes commerciales essentielles à leur pays respectif.

13 octobre 1824

Le major-général sir Isaac Brock et son aide de camp John Macdonell sont inhumés à nouveau sous les monuments qui commémorent la bataille des Hauteurs de Queenston, dans le Haut-Canada.

Bien que le fort George ait été bombardé, incendié et occupé par les Américains pendant la guerre, les sépultures du major-général Isaac Brock et du lieutenant-colonel John Macdonell n'ont pas été endommagées. En 1824, les deux dépouilles sont exhumées puis inhumées à nouveau sous un monument construit sur le champ de bataille des hauteurs de Queenston. Ce monument est détruit lorsque Benjamin Lett, partisan exilé de la rébellion de William Lyon Mackenzie, y pose une bombe en 1840. Les dépouilles de Brock et de Macdonell sont alors transférées sur la concession funéraire de la famille Hamilton à Queenston, où elles demeurent pendant la construction d'un second monument, beaucoup plus grandiose. La quatrième et dernière inhumation des dépouilles a lieu lors de l'anniversaire de la bataille en 1853. Le monument de Brock est le plus important et le plus imposant monument érigé en Amérique du Nord britannique après la guerre de 1812.

9 septembre 1825   

Sir James Carmichael Smyth dépose son rapport sur la défense de l'Amérique du Nord britannique.

À la demande du duc de Wellington, maître général du matériel de guerre, un groupe de Royal Engineers dirigé par sir James Carmichael Smyth visite la majeure partie de l'Amérique du Nord britannique et prépare un plan de défense exhaustif en vue d'une éventuelle attaque américaine. Ce projet, qui tient compte notamment des recommandations du plan de défense préparé par le duc de Richmond en 1818, donne lieu à la construction du canal Rideau, une voie navigable militaire protégée qui permet de contourner le fleuve Saint-Laurent, ainsi que du fort Henry et des fortifications de Kingston, qui protègent le chantier naval et les entrepôts militaires de la ville de même que l'entrée du canal Rideau. L'île Sainte-Hélène, à Montréal, fait également l'objet de travaux qui visent à mieux protéger la ville, et la Citadelle de Halifax est érigée pour défendre ce port contre une attaque terrestre.

1826

La construction du canal Rideau commence dans le Haut-Canada.

La partie ouest du fleuve Saint-Laurent, principale ligne de communication britannique entre le Haut et le Bas-Canada, longe l'État de New York, et sa protection ne peut donc pas être garantie. Après la guerre, au terme d'une réévaluation de la stratégie de défense de l'Amérique du Nord britannique, le duc de Richmond approuve la création d'une seconde route reliant Montréal à Kingston, cette fois par les rivières Outaouais, Rideau et Cataraqui, solution qui est également recommandée dans le rapport Carmichael Smyth de 1825. En 1826, le lieutenant-colonel John By des Royal Engineers est chargé de superviser le projet. Un certain nombre de structures de défense sont aussi érigées pour protéger les postes établis le long de ce couloir de 202 kilomètres entre Ottawa et Kingston. Inaugurées lors de la saison de navigation de 1832, les 47 écluses du canal, dont le coût s'élève à 800 000 livres, permettent aux navires à vapeur militaires et commerciaux de circuler sur la voie navigable. Le canal Rideau demeure l'un des plus grands ouvrages de génie réalisés par les Britanniques.

Août 1828 

 La construction de la citadelle d'Halifax commence en Nouvelle-Écosse.

Les relations tendues qu'ils entretiennent avec les États-Unis à la suite de la guerre de 1812 poussent les Britanniques à réévaluer la sécurité de leurs colonies d'Amérique du Nord et à consolider les ouvrages défensifs de nombreux endroits cruciaux. Halifax, qui est le siège du gouvernement de la Nouvelle‑Écosse et un port important sur l'Atlantique, est déjà protégée contre une attaque navale par plusieurs fortifications. Afin d'améliorer ces ouvrages et de prévenir une attaque terrestre, un fort de maçonnerie en forme d'étoile est érigé au sommet de la colline Citadel. Il s'agit de la quatrième enceinte fortifiée construite à cet endroit depuis 1749. La Citadelle , aussi appelée fort George, a été conçue par le colonel Gustavus Nicolls des Royal Engineers. Les travaux devaient initialement durer six ans, mais ils sont retardés par toutes sortes de difficultés, et ne se terminent qu'environ trente ans plus tard. Le coût de la forteresse s'élève alors à 242 122 livres, soit plus du double du montant estimé au départ.

18 juin 1832

  Des travaux commencent au fort Henry à Kingston, dans le Haut-Canada.

Dès l'achèvement du fort Henry, construit en toute hâte pendant la guerre de 1812, les planificateurs militaires britanniques reconnaissent la nécessité de le remplacer. La conception du nouveau fort, qui débute à la suite des recommandations du duc de Richmond en 1818, est l'aboutissement de plus d'une dizaine d'années de planification par les Royal Engineers. Ces fortifications de calcaire font partie d'un réseau de cinq forts semblables et de six tours Martello qui devaient entourer Kingston et protéger le chantier naval et les entrepôts militaires de la ville ainsi que l'extrémité sud du canal Rideau. Cependant, le coût estimé de la construction du canal ayant été dépassé, seul le fort Henry est achevé comme prévu. Il s'agit malgré tout des fortifications les plus importantes et les plus redoutables en Amérique du Nord à l'Ouest de la ville de Québec. 

9 août 1842

 La Grande-Bretagne et les États-Unis signent le traité Webster-Ashburton.

Pendant près de soixante ans après la ratification du Traité de Paris en 1783, traité qui met officiellement fin à la Révolution américaine, les conflits frontaliers compliquent les relations diplomatiques entre les Britanniques et les Américains. On déploie des efforts pour dénouer l'impasse, comme les commissions sur la frontière menant au Traité Jay et au Traité de Gand, mais l'absence de frontière bien définie entre le Maine et le Nouveau-Brunswick se traduit par une crise de plus en plus virulente dans les années 1830 et 1840. Les pionniers des deux colonies revendiquent les ressources de la vallée de l'Aroostook et s'affrontent dans la sanglante « guerre d'Aroostook ». Craignant que le conflit ne s'envenime entre les deux pays, le Secrétaire d'État américain Daniel Webster et le premier lord Ashburton, le Britannique Alexander Baring, négocient les dispositions d'un traité qui résout le conflit frontalier tout en préservant l'honneur des deux nations.

18 juin 1846   

Le Sénat des États-Unis ratifie le traité de l'Oregon. Ce traité divise le territoire de l'Oregon et prolonge la frontière entre les États-Unis et l'Amérique du Nord britannique le long du 49e parallèle jusqu'à l'océan Pacifique en passant par les montagnes Rocheuses. Ce territoire est occupé conjointement par la Grande-Bretagne et les États-Unis depuis peu après la guerre de 1812.

13 octobre 1853

Le major-général sir Isaac Brock et son aide de camp son inhumés à nouveau sous le quatrième monument qui commémore la bataille des Hauteurs de Queenston, dans le Haut-Canada.

Bien que le fort George ait été bombardé, incendié et occupé par les Américains pendant la guerre, les sépultures du major-général Isaac Brock et du lieutenant-colonel John Macdonell n'ont pas été endommagées. En 1824, les deux dépouilles sont exhumées puis inhumées à nouveau sous un monument construit sur le champ de bataille des hauteurs de Queenston. Ce monument est détruit lorsque Benjamin Lett, partisan exilé de la rébellion de William Lyon Mackenzie, y pose une bombe en 1840. Les dépouilles de Brock et de Macdonell sont alors transférées sur la concession funéraire de la famille Hamilton à Queenston, où elles demeurent pendant la construction d'un second monument, beaucoup plus grandiose. La quatrième et dernière inhumation des dépouilles a lieu lors de l'anniversaire de la bataille en 1853. Le monument de Brock est le plus important et le plus imposant monument érigé en Amérique du Nord britannique après la guerre de 1812.

1 juillet 1867

La fédération canadienne est créée. La responsabilité de la défense nationale est enfin transférée de la Grande-Bretagne au nouveau Dominion du Canada en 1870 et 1871. Les seules garnisons britanniques qui demeurent au Canada sont celles des stations navales impériales d'Halifax en Nouvelle-Écosse et d'Esquimalt en Colombie-Britannique.

1871       

Le traité de Washington entre les États-Unis et la Grande-Bretagne aborde certaines revendications des Américains découlant de leur guerre civile, et ouvre la voie à l'établissement à Puget Sound de la frontière internationale sur la côte du Pacifique. Il donne également aux Américains l'accès aux territoires de pêche canadiens sur la côte de l'Atlantique. Le traité est mal vu au Canada, mais les Britanniques offrent une compensation sous la forme de garanties de prêts pour la construction du Chemin de fer Canadien Pacifique.

 

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Chronologie de la guerre de 1812


Section 1 : De 1775 à novembre 1811
Section 2 : De janvier 1812 à juin 1812
Section 3 : De juillet 1812 à septembre 1812
Section 4 : D'octobre 1812 à décembre 1812
Section 5 : De janvier 1813 à mars 1813
Section 6 : D'avril 1813 à juin 1813
Section 7 : De juillet 1813 à septembre 1813
Section 8 : D'octobre 1813 à décembre 1813
Section 9 : De janvier 1814 à mars 1814
Section 10 : D'avril 1814 à juin 1814
Section 11 : De juillet 1814 à décembre 1814
Section 12 : De janvier 1815 à 1871

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